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Néant_saccage, extrait

lundi 25 juillet 2011, par Mathieu Brosseau dans la rubrique Laboratoire d'écritures

Sera bientôt publié sur le site de la revue Hors-Sol, le travail à quatre mains que nous menons avec Philippe Rahmy. En voici un extrait. L’ensemble s’intitule Néant_saccage.

A en produire des signes

Néant saccage, il y a des meurtres organisés par les bons soins de ma femme, ma peau de femme, mon ignorance, mon obscur devenir, ma femme, ma mie, mon angle, ma morale,

Que puis-je pour toi, je te montre le scarabée, la sauvage bête d’accomplir, il y a un drame de l’action, vous le savez

Comme Dieu, d’être toujours en retard sur la Parole, Dieu est un monstre et nous le montrons je m’aime de désespoir, je m’enquiquine sauvage,

Il me paraît insignifiant de contrefaire les béances du signe, je me singe, et toi tu te parfais,

Je me signe et toi tu te travestis, tu t’escamotes, sec, en ta demeure, celle de l’être, c’est toujours une demeure, celle de l’être, c’est toujours un mourir précédé d’un dé,

Non d’un dé à coudre mais d’un dé de hasard produit par le vent des signes, Signe des enchantements, parfait produit de la Beauté, celle qu’on ignore, la déjà sue, la pauvre beauté, la minuscule, la peu, la peur de la beauté, la sauvage dans la sauvage, tu me dis des mots d’amour,

Tu me dis : TOI, je te dis qu’il est encore un signe précurseur, c’est l’action antérieure, l’action que recouvre cette présence de la mémoire,

C’est pourquoi il demeure nécessaire de s’écrire, ventre au vent, perdu d’âme fleuri, dans un temps qui n’est plus, dans l’avance du temps, le soi se pénètre de langues neuves,

C’est la verge, c’est la vulve qui détient le secret de l’apesanteur, c’est elle qui finalise le coefficient de toute marée, ô lune, combien je te hais,

C’est la pénétration dans l’action qui m’émeut, et me chante, c’est la pénétration dans le nom de l’avancée, dans l’action, c’est le dard à la place du crâne qui me tonne,

Multiplication à l’infini, pour te dire, pour dire la croissance de tes cheveux dans l’abîme du temps, multiplication des organes dans ceux que l’on ne sent plus, à l’intérieur, à l’intérieur du territoire du vide, je m’en veux

Il paraît, qu’à l’inverse, nous aurions pu recevoir quelques dons de ce qui n’existe plus, un peu de mémoire en échange d’un peu d’organes, c’est chose faite, c’est chose dure, c’est chose crue, c’est chose d’ivoire, c’est chose excellente,

Il paraît que nous aurions pu prévoir le désastre avant de le survivre, il y a quelque chose qui me chagrine dans le train des choses, sur le chemin qu’elles prennent, leur sinuation, leurs contours et ce qui les font

Néant escape

Tu veux t’en sortir, de ta condition, tu veux t’en sortir, de ton antre, de ton carrefour, pieds de grue, tu veux t’en sortir, il paraît que tu veux t’en sortir,

Sortir de soi pour faire du moi ce qu’on n’advient pas, pour faire de soi ce qui advient ’malgré’, pour le soi le devenir, un rien tambouille, un rien croquemort, un rien esclave

Je sors, je parcours les villes lunaires, pas une personne, pas un chat, une ombre, un chien, une tuerie, je chante ce qui me tue ou me tuera, je me réjouis de cela, on dit que la mort y a fait des petits, des petits de la mémoire

Je sors et m’échappe, il paraît qu’il y a des vases clos, qu’on peut en sortir pour en retrouver un autre, de vase en vase, de source en source, de fontaine en fontaine, il paraît qu’on peut en sortir par le silence ou le vacarme de l’eau,

Le silence de l’eau qu’on effraie, le silence de tout un royaume, le silence qu’on peut aimer, le silence amer, le silence qui nous charge, et que l’on charge d’une amertume qu’il faut impérativement décevoir, une amertume qui ne va pas de soi

Le vacarme de l’eau qui se défile, qui coule, dans la fontaine et se rechute et se claque, je lui dis d’aller parler au vent, de lui dire ce que l’eau a sur le cœur, ce que l’eau ne permet pas de faire, je dis à l’eau de se parler à elle-même et de se tutoyer

Tu veux sortir de la prison, tu veux, tu veux, il y a des trombes d’eau qui se faufilent, doucement, à l’encontre des vagues, il y a des gouttes de pluie qui se libèrent, des larmes qui se défont,

Que je disjoncte ? Que je perde la tête, la frileuse, la perle, la scansion, que je perde un câble, une nausée sur ma tête, une référence ténébreuse, si je disjoncte c’est pour mieux vous définir, Madame, pour dire du vous et du toi, pour me parfaire d’ignorance, tu m’entends ?

Que je disjoncte ? Pourquoi pas, pourquoi ne pas, pour le néant_saccage, pour la frime, pour la firme, pour en découdre, pour ne devenir qu’une note en bas de page, que je disjoncte pour la malle, pour casser du vide, être un casseur de néant……………………………………... un remplisseur

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