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Le rapport des avalements

lundi 17 octobre 2011, par Arno Calleja dans la rubrique Plexus-S, auteurs invités

Si tu veux c’est simple le vent, c’est une masse de gaz en mouvement à la surface d’un plan, à la surface d’une planète. Et il y a comme pour toutes choses il y a des mouvements violents et il y a des mouvements doux, voilà. Mais les vents les plus violents soufflent sur Neptune, sur Neptune et sur Saturne ils soufflent, mais pas par ici.

Si tu veux le vent vient d’un frottement, c’est le frottement de l’énergie solaire d’avec la rotation de la planète, c’est le frottement des deux qui crée le vent, quelque part.

Et si tu vas par là ce qui fait le vent, précisément, c’est l’écart dans ce frottement, c’est l’écart de température entre l’équateur et les pôles, qui cause une différence de pression, à la surface, de l’atmosphère.

Et la terre en rotation vient taper dans la pression, dans la différence de pression, et c’est ça qui fait dévier la masse du flot de l’air qui du coup avance et tu as du vent, si tu veux, tu as des circulations d’air de vent de bises de tornades de cyclone d’anticyclone de dépressions, quelque part.

Et là-dessus c’est la variation, c’est à dire que là-dessus le rayonnement solaire varie, parce que chaque point de la terre reçoit l’énergie solaire différemment, à savoir que l’énergie est absorbée différemment selon la surface de la terre, par exemple selon qu’une mer, selon qu’un désert, selon qu’une forêt, selon que de la neige, selon qu’et caetera.

La différence de pression déplace l’air et fait le vent sur terre, mais la terre tourne sur son axe, et la force est proportionnelle à la vitesse de l’air déplacé, alors l’air sera déplacé vers la droite dans l’hémispère Nord, et l’air sera déplacé vers la gauche dans l’hémisphère Sud. C’est normal. Au Nord les vents tournent donc dans le sens des aiguilles d’une montre, autour d’un anticyclone, et dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour d’une dépression, et pour l’hémisphère Sud c’est l’inverse, les vents tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour d’un anticyclone, et dans le sens des aiguilles d’une montre autour d’une dépression.

Et maintenant écoute bien : tu vas lever la tête, et tu lèves la tête et tu vois au devant de tes yeux tu vois quoi, tu vois la galaxie, la voie lactée, qui est notre galaxie, et la voie lactée qu’est-ce qu’elle a, elle a les étoiles, et tu sais combien, elle est composée de cent milliards d’étoiles, tu y crois ou pas mais notre galaxie est composée de cent milliards d’étoiles, c’est comme ça.

Et maintenant tu vas baisser la tête, et tu baisses la tête et tu regardes en arrière de tes yeux et tu vois quoi, tu vois ton cerveau, arno, ou ta cervelle, tu vois ta cervelle gisèle, et ta cervelle elle a quoi, oui elle a les neurones, elle est composée de quoi ta cervelle elle est composée de neurones, et combien, cent milliards de neurones.

Et alors tu vois où je veux en venir : cent milliards d’étoiles, cent milliards de neurones, les pareils cent milliards. Tu imagines un peu. Mais continuons.

Au milieu de notre galaxie, tu sais ce qu’il y a au milieu de notre galaxie, au supposé milieu, il y a un trou noir, un trou noir hyper massif qui avale tout, tout ce qui se présente à lui, qui avale la nuit et qui avale le temps et qui avale la matière et qui avale la causalité elle même. Imagine, qui avale les lois même de la physique, les lois de la physique avalées dans un grand Rien, comme ça, au centre de notre galaxie.

Et continuons. Au milieu de notre cerveau, tu me suis, au supposé milieu il y a aussi, comme par hasard, un trou noir, un trou noir qui avale la sensation de soi, qui avale l’identité et qui avale le langage même. Et ce trou noir, qui est physiologiquement le troisième ventricule, entre les deux hémsiphères, est comme une boîte, une boîte au bout du canal central de la moelle épinière, qui est la boîte des nerfs subtils du crâne, où macère le liquide céphalo-rachidien, où baigne la substance grise. Et continuons.

Les étoiles, les cent milliards d’étoiles, elles sont en mouvement, en rotation lente autour du centre de notre galaxie, c’est normal.

De même pareil, autour du centre de notre cerveau, les phrases sont en rotation lente, elles tournent, dans l’hémisphère gauche les phrases tournent dans le sens des aiguilles d’une montre, et dans l’hémisptère droit les phrases tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, c’est normal.

Mais au bord du trou, au bord du trou noir quand elles sont aspirées, avant d’être avalées, il faut savoir que les étoiles ne tournent plus lentement en rotation mais qu’elles tombent, si l’on veut, elles tombent sur les bords du trou noir et en spirale, elles tombent en spirale, avant d’être aspirées dans le cœur et d’être avalées massivement.

Et de même pareil, au bord du trou noir de notre cerveau, les phrases aussi sont attirées et dans leur attirance les phrases ne tournent plus lentement elles ne tournent plus ni à gauche ni à droite mais elles tombent et elles tombent en spirale, en spiralant en vrillant.

Et le mouvement de spirale, il faut bien le dire, c’est tout de même une manière d’y aller sans trop vouloir y aller, c’est à dire qu’on tourne sans s’approcher vraiment du fond, d’où les détours de spirale de vrille, qu’on comprend.

Et dans la vrille, justement, c’est souvent le moment où la phrase se radicalise et perd sa ponctuation et devient une phrase flux, une phrase de flux spiralé, auto dirigée, qui tombera avalée, dans l’hyper masse du trou noir du cerveau, dans la boîte du troisième ventricule, mais tombera sans ponctuation.

Et que ce mouvement en spirale des étoiles avalées soit le même mouvement que le mouvement discursif des phrases de langage en spirale avalées et que vice versa, le mouvement des phrases attirées par la boîte noire tombent dans le même mouvement spiralé que celui des étoiles attirées par un trou noir n’empêche pas que, par ailleurs, une étoile puisse mourir toute seule, suicidée, si elle n’a plus d’hydrogène elle meurt de ne plus pouvoir produire son énergie de subsistance l’étoile meurt et en mourant, d’ailleurs, libère une lueur qui le plus souvent donnera naissance à une autre étoile, une étoile à protons.

Ce qui n’empêche pas non plus qu’une phrase qui n’a plus d’oxygène meure, de son côté, sans même être avalée par un trou noir, quand elle ne peut plus produire son énergie de subsistance son oxygène s’épuise la phrase meurt et en mourant elle libère un silence, un silence qui pourra donner naissance à une autre phrase mais le plus souvent qui donne naissance à un geste, c’est plus simple.

Mais quand c’est dans le trou noir que ça se passe, il y a toujours un moment, juste avant, juste avant l’avalement, juste avant l’avalement de l’étoile par le trou noir galaxique ou juste avant l’avalement du neurone par le trou noir céphalique, il y a toujours un moment où vient souffler un grand vent, un dernier grand vent, il y a un moment, toujours, où un jet vient, provient, un jet de vent de tornades de cyclone sort du trou noir et souffle les cent milliards de neurones, remués, dans le grand vent, au bord du trou noir, d’où partent les cent milliards de neurones, comme des oiseaux, et se relient au cent milliards d’étoiles, les cent milliards de neurones du cerveau se relient au cent milliards d’étoiles de la voie lactée et la membrane se tend, entre eux, entre les cent milliards respectifs, la membrane est tendue, chaque point neuronal accroché à chaque point d’étoile tend la grande membrane tendue au maximum tendue à mort, et alors l’avalement commence, par les bords puisque, puisque, d’un côté, d’un côté l’extrémité de la membrane s’entortille dans le trou noir, galaxique, où les plus proches étoiles sont avalées et de l’autre, de l’autre côté à l’opposé, l’autre bout de la membrane s’entortille aspiré dans le trou noir du coeur du cerveau, où les neurones les plus proches sont avalées.

Et la membrane d’un côté de l’autre de chacun des deux trous noirs est aspirée avalée au fond de chacun des deux trous noirs si bien que la matière de la membrane après avoir était tendue à mort, se réduit, au fure et à mesure de l’avalement de l’espace-temps par les deux trous noirs des deux extrémités, si bien que notre univers se réduit, avalé et digéré par les bouts, mais digéré par quoi, par deux anti estomacs, au centre notre univers se réduit se réduit se réduit pour arriver à quoi, pour arriver à un tout petit plan un petit plan de portion, et à ce moment là les deux trous noirs se redressent, dans l’espace, quelque part, et ils avancent, l’un vers l’autre, ils avancent en avalant, tout ce qui se présente, enfin tout ce qui reste, jusqu’au moment où les deux trous noirs massifs se retouvent l’un l’autre, face à face, yil n’y a plus qu’eux, comme un seul homme, et attiré l’un par l’autre s’abouchent l’un à l’autre, face à face, comme deux trous d’évier verticaux, deux trous d’évier s’avalant l’un l’autre et s’évacuant l’un dans l’autre, amoureux.

Si vous avez des questions.

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